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Enseignante suspendue à Nancy : rassemblement de soutien à Paris.

mardi 12 octobre 2010 par SPIEN - Matulik / Terver

Près de 300 per­sonnes se sont ras­sem­blées dimanche près du minis­tère de l’Education Nationale à Paris afin d’apporter leur sou­tien à Catherine Pederzoli, ensei­gnante de Nancy sus­pen­due en rai­son, notam­ment, de cri­tiques sur son ensei­gne­ment de la Shoah.

Mme Pederzoli, 58 ans, ensei­gnante d’histoire de confes­sion juive, a été sus­pen­due quatre mois par le rec­teur de l’académie de Nancy-Metz après un rap­port lui repro­chant notam­ment de pri­vi­lé­gier le terme "Shoah" à celui plus neutre de "géno­cide". Ses auteurs lui reprochent égale­ment d’avoir consa­cré trop de temps à l’organisation de visites à d’anciens camps de concentration.

"Je ne suis pas la seule dans ce cas, je me suis aper­çue que nous étions au moins une ving­taine (d’enseignants, ndlr) concer­nés, mais la majo­rité refuse de s’exprimer de peur de sanc­tions", a dénoncé Mme Pederzoli, pré­sente au ras­sem­ble­ment orga­nisé par son comité de soutien.

"Nous avons sans doute la meilleure des légis­la­tions d’Europe, si ce n’est du monde en matière de tra­vail de mémoire sur la Shoah, mais sur le ter­rain on est empê­ché de tra­vailler, à dif­fé­rents degrés de l’administration, nous vou­drions que le pré­sident de la République nous entende et qu’il sache ce qu’il se passe dans les admi­nis­tra­tions de l’Etat", a-t-elle ajouté.

Parmi les per­sonnes pré­sentes, Nicole, 64 ans, tenait à expri­mer son sou­tien car "toutes les sen­si­bi­li­tés doivent êtres res­pec­tées dans la République, je suis juive mais avant tout répu­bli­caine et pour moi ten­ter de camou­fler l’antimémitisme der­rière un dis­cours admi­nis­tra­tif n’est pas accep­table, il faut lut­ter contre ce genre de comportement".

L’affaire avait créé une polé­mique et le ministre de l’Education natio­nale, Luc Chatel, avait reconnu le 2 sep­tembre que cer­tains pas­sages du rap­port étaient "par­ti­cu­liè­re­ment inap­pro­priés". Il avait alors réclamé un "rap­port final" de l’Inspection géné­rale de l’Eduction natio­nale (Igen) reçu le 20 sep­tembre mais non rendu public.

Par ailleurs, un débat a été organisé le 5 octobre, à paris, à l’initiative de l’association Presse Israélienne à Paris, sur le thème "peut-on encore enseigner l’histoire de la Shoah en France ?"

Parmis les personnalités invitées, Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a estimé qie l’enseignement de la "Shoah" était en danger, car le cas de Mme Pederzoli n’était pas isolé et que les témoins disparaissaient.

De plus, il y aurait, selon lui, une "ideologisation d’une partie du corps enseignant qui importe le conflit israélo-palestinien".

Attendu également au débat, le Mémorial de la Shoah a annulé sa participation.

Cette réunion a fait réagir le SNPDEN. Dans un communiqué du 4 octobre, le syndicat majoritaire des chefs d’établissement rétorque que "les poursuites disciplinaires dont elle (Mme Pederzoli) est l’objet sont consécutives à des manquements graves et volontaires". Sur le plan pédagogique, l’enseignante s’était vu reprocher une approche exagérément "mémorielle", une remarque des inspecteurs jugeant qu’elle utilisait trop le mot "Shoah" a contribué à échauffer les esprits.

Source : AFP et la lettre de l’éducation.


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