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Réussite au baccalauréat : des disparités inquiétantes...

dimanche 19 septembre 2010 par SPIEN - Matulik / Terver

Les disparités sociales de réussite au bac restent très marquées et ont même "plutôt tendance à s’aggraver", selon une étude de la direction de l’évaluation (DEPP) du ministère de l’Education nationale, portant sur les élèves entrés en classe de 6ème en 1989 et 1995.

Ces "disparités demeurent assez fortes", résume une note de la DEPP : "un enfant d’ouvrier non qualifié a deux fois moins de chances de devenir bachelier qu’un enfant de cadre ou d’enseignant".

En détail, pour la génération entrée en 6ème en 1995, "91% des enfants d’enseignants obtiennent le baccalauréat contre moins des deux tiers des enfants des employés de bureau et de commerce, la moitié des enfants d’ouvriers qualifiés et un peu plus de un enfant d’inactifs sur quatre". Mais les disparités ont aussi eu tendance à s’aggraver : "en effet, un élève dont le père est enseignant a 14 fois plus de chances relatives d’obtenir le baccalauréat que celui dont le père est ouvrier non qualifié dans le panel 1995, contre seulement neuf fois dans le panel 1989".

Cette aggravation recouvre deux tendances principales : pour la plupart des groupes sociaux, l’accès au baccalauréat progresse, même si c’est à un rythme différent ; mais les élèves originaires des milieux sociaux les plus défavorisés (employés de service, ouvriers non qualifiés, inactifs) voient leurs chances de devenir bacheliers "se contracter, voire baisser sensiblement dans le cas des enfants d’employés de service".

L’étude met aussi en évidence que les chances de devenir bachelier sont très liées aux acquis et aux retards scolaires à l’entrée en 6ème : "seuls 25% des élèves entrés au collège avec un an de retard sont devenus bacheliers".

Par ailleurs, l’étude révèle que "à caractéristiques comparables, les enfants d’immigrés obtiennent plus souvent le bac que les autres jeunes". Mais évidemment, les caractéristiques sont très différentes, car les enfants d’immigrés appartiennent "pour les trois quarts à une famille dont la personne responsable est ouvrière, employée de service ou inactive". Autre conclusion : "les élèves qui ne vivent pas avec leurs deux parents ont moins de chances de devenir bacheliers".

Enfin, "à caractéristiques comparables", il n’y a "aucune différence de réussite entre les élèves du secteur public et du secteur privé". Le panel 1995 comprend 17.830 élèves, nés le 17 d’un mois, entrés en 6ème dans le public ou le privé à la rentrée scolaire 1995. Le panel 1989 (22.000 élèves) avait retenu tous ceux nés le 5 d’un mois.

Source : AFP


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