SPIEN

Réforme du lycée : « il faut s’attaquer aux vaches sacrées ».

mercredi 15 juillet 2009 par SPIEN - Matulik / Terver

Extrait de l’interview à la lettre de l’éducation de Philippe Watrelot, professeur de sciences économiques et sociales et président du CRAP « Cahiers pédagogiques ».

Richard Descoing vient de remettre ses préconisations pour le lycée. Croyez-vous encore à une réforme possible ?

M. Descoings a eu l’honnêteté d’exposer lui-même les limites de son action, en distinguant ce qu’il croit réalisable à court terme et ce qui relève à ses yeux de la « refondation ». D’un coté nous sommes évidemment déçus, puisque comme les autres signataires de l’appel « De l’ambition pour la réforme des lycées », les cahiers pédagogiques sont en faveur d’une réforme audacieuse. De l’autre, ces propositions se présentent comme le début d’un processus et n’insultent pas l’avenir. L’accompagnement de l’élève, l’orientation, la place de l’oral dans les langues vivantes, la valorisation des activités associatives sont des propositions intéressantes mais, en leur état actuel, trop floues et modestes. Les modalités des trois heures consacrées à l’accompagnement ne sont pas développées. Au total cela fait beaucoup d’intentions affirmées mais peu de préconisations réelles.

Vous ne croyez pas aux « petits pas » ?

La stratégie des petits pas n’est pas forcement mauvaise, à condition de savoir où on va ! Il faut avoir des objectifs ultimes et les annoncer clairement. Nous pensons qu’il faut s’attaquer aux vaches sacrées : l’emploi du temps de l’élève, la définition du service des enseignants, les modalités du bac… A force d’attendre que les conditions idéales soient réunies, on ne change jamais.

Vous, vous y êtes prêts, mais les autres ?

La situation est effectivement marquée par la crispation, notamment en raison de la politique des suppressions de postes et des réformes au pas de charge. Appelé à la rescousse, M. Descoings a été obligé de se distinguer de cette démarche : quoi qu’on en dise et même s’il y a une grande part de communication, il a été sur le terrain, au contact, et a pu percevoir la nécessite d’un changement. Celui-ci est d’autant plus réalisable que les discours parfois très fermés des enseignants ne coïncident pas toujours avec leurs pratiques. Prenez l’exemple des travaux personnels encadrés. Parmi les enseignants qui s’y étaient opposés, peu finalement sont restés dans le refus. Beaucoup ont joué le jeu, développant de nouvelles compétences et passant comme le dit Phlippe Merieu « de la pédagogie du face-à-face à celle du côte-à-côte ».

Voudriez-vous que cette doctrine éducative soit appliquée partout ? Nous ne défendons pas une doctrine qui déterminerait une façon unique d’enseigner. La question est celle des finalités : cherche-t-on à exclure ou vise-t-on la réussite de tous ? Par ailleurs, pour favoriser les évolutions nous pensons qu’il faut faire confiance aux équipes sur le terrain. A ce propos, nous sommes de ceux qui pensent qu’il faut s’emparer de l’article 34 de la loi Fillon, qui permet les expérimentations, dans le cadre du projet d’établissement.

Au prix de l’unité du service public ? Soyons sérieux ! Qui prétend, par exemple, que les options devraient être identiques dans tous les lycées ? Il n’est pas scandaleux qu’un établissement ait un projet, même très affirmé, si c’est dans le cadre d’une régulation et au service de valeurs affirmées à l’échelle de toute l’éducation nationale.

Source : la lettre de l’éducation.


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