SPIEN

Darcos : divorce avec l’Education après des réformes tambour battant.

mercredi 24 juin 2009 par SPIEN - Matulik / Terver

Xavier Darcos, nommé ministre du Travail, a lancé à la tête du ministère de l’Education nationale quantité de réformes sur fond de suppressions de postes, appliquant à la lettre le programme de Nicolas Sarkozy, mais "grillant" en moins de deux ans les atouts dont il bénéficiait au départ. Professeur de métier, M. Darcos, 61 ans, né à Limoges, connaissait les rouages de l’Education nationale pour y avoir gravi au cours de sa carrière à peu près tous les échelons.

Tambour battant, il y a lancé un nombre de réformes à donner le tournis. En primaire, de nouveaux programmes et de nouvelles évaluations, la suppression du samedi matin qui a débouché de fait sur une semaine de quatre jours, et le service minimum d’accueil en cas de grève.

Dans le secondaire, l’assouplissement de la carte scolaire, le bac pro en trois ans (au lieu de quatre) et un projet de réforme du lycée. Et, tous niveaux confondus, moult dispositifs de soutien scolaire gratuit, la réforme de la formation des enseignants, et des milliers de suppressions de postes (11.200 en 2008, 13.500 en 2009).

Début 2009, un an et demi après sa nomination, il pouvait dire que la lettre de mission de Nicolas Sarkozy était "presque achevée".

Des réformes menées avec pugnacité selon les uns, dans la précipitation et sans concertation selon les autres, jusqu’à la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : le projet de réforme de la classe de seconde, retiré fin 2008 sous l’influence du président pour stopper, avec succès, une mobilisation lycéenne.

Déjà, au printemps 2008, c’est sur des manifestations lycéennes, contre les postes supprimés, que M. Darcos avait failli buter une première fois, désamorçant la contestation par du soutien gratuit dans les lycées difficiles. Après le retrait de la réforme de la seconde, Nicolas Sarkozy a préféré jouer l’apaisement en confiant une mission sur le lycée au patron de Sciences-Po, Richard Descoings. Depuis, M. Darcos est apparu plus en retrait, n’annonçant pas de nouvelles grandes réformes et limitant ses sorties médiatiques.

Il est vrai que sa politique à la hussarde, dénoncée comme du "mépris" par les syndicats, a peu à peu réduit sa capacité à agir, d’autant que la droite manque de relais dans le milieu enseignant, chez les parents d’élèves et les lycéens.

Ainsi dans les lycées, où le chef de l’Etat en est venu à faire des visites surprise pour éviter toute manifestation. Mais aussi en primaire où un "point de non-retour a été franchi", selon l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, pour qui "seul un nouveau ministre peut permettre une réconciliation" avec les maîtres d’écoles. Et sans compter les universités, où la réforme de la formation des enseignants a été l’un des deux motifs du long mouvement universitaire de 2009. Plus globalement, c’est la politique de non-remplacement d’une partie des départs à la retraite qui a terni l’image du ministre, brouillant son message en faveur du soutien scolaire quand des postes de maîtres spécialisés contre l’échec ("Rased") ont été supprimés

Source : AFP


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