SPIEN

L’Elysée tranchera sur la lutte contre les armes en milieu scolaire.

jeudi 28 mai 2009 par SPIEN - Matulik / Terver

Des pistes pour lutter contre l’intrusion d’armes en collèges et lycées, dont des portiques au cas par cas, vont être soumises jeudi à Nicolas Sarkozy, au lendemain d’une réunion au ministère de l’Education nationale qui a révélé des divergences persistantes sur cette question.

Portiques de détection d’armes mais "au cas par cas", habilitation juridique des chefs d’établissement et des conseillers principaux d’éducation (CPE) pour contrôler le contenu des sacs des élèves, "force mobile d’agents" placée auprès des recteurs pour intervenir dans les établissements : le ministre Xavier Darcos a résumé mercredi les propositions qu’il fera au chef de l’Etat.

Il a encore prôné de renforcer la formation des personnels à la gestion de ce type de violence et de sanctionner financièrement les parents dont les élèves amèneraient des armes dans les enceintes des établissements.

"Nous allons vers des incidents graves", a aussi prévenu le ministre, affirmant que le phénomène touchait plus les collèges que les lycées.

Selon le ministère, il y a eu "251 signalements en relation avec des armes (intrusions, détentions, usage)" entre septembre 2008 et mars 2009. Soit une moyenne de 35 par mois sur 10 mois, en baisse par rapport aux 45 de 2007/2008.

La réunion tenue mercredi matin au ministère avec les représentants des fédérations de parents d’élèves, des collectivités locales et des chefs d’établissement a révélé des divergences d’approche.

Si le président de la fédération de parents d’élèves Peep, Philippe Vrand, a donné son "aval" aux "portiques" et aux "nouvelles prérogatives" pour les fouilles, en revanche il ne l’a pas fait pour les sanctions des parents.

Signe de leur mécontentement, les associations des départements et régions de France, majoritairement à gauche, n’étaient pas représentées par des élus.

Quant aux directeurs de collèges et lycées, leur position était très nuancée. Secrétaire général du principal syndicat de chefs d’établissement (SNPDEN), Philippe Tournier a réclamé du "cas par cas" pour les portiques et l’habilitation aux fouilles. Il a aussi refusé les opérations "coup de poing" qui aggraveraient selon lui les problèmes, prônant des interventions plus longues dans les établissements.

Sur toutes ces questions controversées, Nicolas Sarkozy devra trancher jeudi, à l’issue d’une réunion plus générale sur la sécurité à l’Elysée.

Le sondage commandé par le ministère de l’Education et paru mercredi dans Le Parisien va-t-il l’influencer ? 64% des personnes interrogées s’y disent favorables "à ce que les personnels administratifs soient autorisés s’ils l’estiment nécessaire à fouiller les élèves" et 81% "à l’installation de portiques" ou "d’appareils mobiles de détection" d’armes.

Et selon ce sondage Opinion Way, un clivage fort apparaît entre les électeurs en 2007 de Nicolas Sarkozy et de Jean-Marie Le Pen d’une part, très majoritairement favorables aux mesures, et ceux de François Bayrou et des candidats de gauche d’autre part, beaucoup plus nuancés.

Directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école, Eric Debarbieux explique lui dans Le Monde que portiques et fouilles "systématiques" peuvent avoir l’effet pervers "d’augmenter la violence" et il met en garde contre des mesures prises "sous le coup d’un certain affolement".

En revanche, il n’écarte pas une force d’intervention type "vraie police de voisinage". Et prône surtout "stabilité" des équipes éducatives et "arrêt" de l’envoi des enseignants débutants dans les collèges et lycées "sensibles".

Le Premier ministre François Fillon a déclaré mercredi lors d’un meeting à Mulsanne (Sarthe) que son gouvernement continuerait de "combattre l’insécurité partout", "particulièrement l’entrée de nos écoles".

"Nous allons continuer de combattre l’insécurité partout, naturellement, mais particulièrement à l’entrée de nos écoles (...) la sécurité à l’école, c’est la moindre des choses que nous devons à nos enfants, mais aussi aux enseignants, ça ne se discute même pas", a-t-il dit.

Il a fustigé "ceux qui mettent toute leur énergie et leur ardeur à combattre" l’idée "de mettre en place des systèmes de surveillance", ou qui accusent le gouvernement de "vouloir porter atteinte aux libertés individuelles lorsqu’on demande qu’un chef d’établissement ou un enseignant puisse ouvrir le cartable d’un élève pour vérifier qu’il n’y a pas d’arme blanche dedans".

Source : AFP


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