SPIEN

Le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs validé.

jeudi 23 avril 2009 par SPIEN - Matulik / Terver

Le gouvernement a validé mercredi le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, élément déclencheur de la colère des universitaires début février et confirmé que des examens allaient être repoussés, sur fond de contestation persistante.

Ce projet de décret, qui modifie un décret de 1984, a été examiné mercredi en Conseil des ministres, après avoir été validé mardi par le Conseil d’Etat. Il doit s’appliquer à la rentrée 2009 pour quelque 57.000 enseignants-chercheurs.

Ce texte, qui instaure la possibilité de moduler le temps de travail d’un enseignant entre cours, recherche et autres tâches, est "parfaitement conforme aux attentes de la communauté universitaire", a déclaré François Fillon, Premier ministre, sur France-Inter.

Une première version du décret, transmise au Conseil d’Etat en janvier, avait déclenché la fronde des enseignants-chercheurs dans les universités. Parmi les critiques, la crainte de se voir imposer des cours en plus au détriment de la recherche, une atteinte à l’indépendance et une remise en cause du statut national.

Devant la contestation, François Fillon avait dû demander à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, de réécrire le texte.

Une nouvelle version a donc été négociée avec certains syndicats (minoritaires), mais les discussions ont été boycottées par le principal, la FSU, qui dénonce un "passage en force", affirme que le texte reste "massivement contesté" et appelle à la poursuite du mouvement.

Une nouvelle journée d’action est prévue mardi, tandis que le 29 avril la coordination nationale des universités, se réunira, pour la neuvième fois depuis le début du conflit le 2 février, afin de décider de la suite des actions.

Car le mouvement, entré dans sa 12e semaine, persiste. Selon M. Fillon, il touchait entre "20 à 25 universités" (83 au total). Par exemple, dans l’ouest, les universités de Lorient, Caen et Rennes, étaient toujours perturbées après la fin des vacances de printemps et la reprise théorique des cours lundi. Toulouse-II était fermée administrativement.

Si bien que "dans certains cas, les examens ne pourront pas se tenir à la date prévue" dans certaines universités, et seront "retardés de quelques mois" après des "cours de rattrapage", a confirmé mercredi le Premier ministre.

Depuis un mois, les présidents d’université s’attachent à trouver les meilleurs dispositifs possibles pour rattraper les heures de cours perdues. Une grande partie des universités concernées a prévu de reporter les examens de mai à juin, jusque début juillet pour certaines, voire à placer la deuxième session, dite de rattrapage, au mois de septembre.

Mardi, Mme Pécresse a affirmé qu’elle avait donné instruction aux recteurs et aux directeurs de Crous (logement étudiant) de faire en sorte que les "étudiants les plus fragiles" ne soient pas pénalisés par les modifications de calendrier et puissent par exemple rester plus longtemps dans leur logement (cité universitaire).

Le Parti socialiste a estimé que "le gouvernement aurait tort de croire qu’il pourrait mettre un terme au conflit +en sifflant la fin de la récréation+".

Le philosophe et historien Marcel Gauchet juge "fatal" le "pourrissement" du mouvement dans les universités mais avertit que "quelle que soit" son issue, "le problème de l’université ne sera pas réglé", dans un entretien au Monde daté de jeudi.

Source : AFP


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