SPIEN

La Cour des Comptes épingle la formation professionnelle tout au long de la vie.

mercredi 1er octobre 2008 par SPIEN - Matulik / Terver

La Cour des comptes a épinglé mercredi "l’inefficacité" de la formation "tout au long de la vie", que ce soit en milieu scolaire ou en entreprise, en prônant une "réforme en profondeur" du système, au lendemain de l’ouverture de négociations sur la formation continue.

"Le système est à la fois inéquitable, inefficace et coûteux", a déclaré mercredi devant la presse le président de la Cour des Comptes, Philippe Séguin.

La Cour, qui a étudié à la fois la formation professionnelle initiale (lycées professionnels et apprentissage, hors enseignement supérieur) et la formation continue (celle des salariés et des demandeurs d’emplois), dénonce un système qui "accroît les inégalités au lieu de les réduire", selon M. Séguin.

Le constat n’est pas nouveau, après de nombreux rapports critiquant une gestion opaque et segmentée en fonction des publics de la formation continue.

L’approche large du sujet (intégrant aussi la formation en milieu scolaire) permet de "mieux voir les contradictions du système", qui non seulement n’assure pas aux jeunes "une insertion satisfaisante dans l’emploi" (43% des sortants de lycées professionnels ont trouvé un emploi un an après leur sortie, 66% pour les apprentis), mais joue aussi difficilement son rôle de "seconde chance" pour les personnes qui en ont besoin.

Les moins diplômés sont ceux qui bénéficient le moins de la formation continue, juge le rapport. Un cadre a ainsi trois fois plus de chance qu’un ouvrier de bénéficier d’une formation, et un salarié deux fois plus de chance qu’un demandeur d’emploi.

La Cour prône une "réforme en profondeur" après avoir dénoncé l’éclatement du secteur, le manque de cohérence entre les acteurs (Etat, Région, entreprises, Education nationale, etc.) dans leurs actions de formation, la multiplication des organismes de financement et de formation, et un gaspillage d’argent en frais de fonctionnement dans les réseaux de collecte.

La formation professionnelle brasse des sommes importantes (34 milliards en 2006, soit 2% du PIB, formations initiale et continue cumulées), mais "très insuffisamment mutualisées", au détriment des petites entreprises, qui de facto financent une partie de la formation des grandes, via une redistribution "injuste" des organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA, chargés de la collecte et la redistribution des cotisations des entreprises), juge le rapport.

"La formation doit cibler ceux qui en ont le plus besoin. Nous prônons une véritable discrimination positive en la matière", a souligné M. Séguin.

La Cour propose notamment une collecte centralisée des fonds de la formation continue et de la taxe d’apprentissage par un organisme unique, voire par les URSSAF, et la création de "fonds régionaux", pour mieux mutualiser l’argent récolté.

Elle prône aussi la réduction du nombre d’OPCA, -une centaine actuellement-, soulignant leur financement "opaque". "Les conditions de rémunération des organisations professionnelles qui participent à la gestion de ces divers organismes constituent encore une boite noire immaîtrisable", a souligné M. Séguin, dans une référence implicite à l’affaire UIMM.

Cette recommandation est déjà inscrite dans le document d’orientation envoyé par le gouvernement aux syndicats et au patronat qui ont commencé mardi à négocier sur la formation professionnelle.

Mais ceux ci risquent de ne pas voir d’un bon oeil ces préconisations, ayant réaffirmé mardi leur autonomie dans le calendrier et le choix des sujets à négocier. Source : AFP


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