SPIEN

Un rapport prône un bac étalé sur deux ans et un crédit de formation.

samedi 14 juin 2008 par SPIEN - Matulik / Terver

Etalement des épreuves du baccalauréat sur deux ans et création d’un crédit de formation à utiliser après les années de lycée sont les propositions phare d’un rapport du Sénat sur le bac, rendu public jeudi, à quatre jours de la première épreuve de la session 2008.

D’emblée, ce rapport du groupe de travail pluraliste "A quoi sert le baccalauréat ?", présidé par Jacques Legendre (UMP, Nord), réfute les critiques les plus radicales portées ces derniers mois contre l’examen.

"Diplôme irremplaçable", le bac n’est ni "bradé" ni "donné", a affirmé M. Legendre lors d’une conférence de presse, rappelant que 100.000 lycéens échouaient chaque année à l’obtenir.

"Il n’y a pas trop de bacheliers en France", a-t-il ajouté. Au contraire, la démocratisation du bac est "inachevée" : les sénateurs en veulent pour preuve qu’en France la proportion de bacheliers dans une génération, qui a atteint un palier de 64%, est inférieure à la moyenne européenne.

Il faut donc "garantir la valeur" du bac et en "élargir l’accès", ce pour quoi les sénateurs font plusieurs propositions.

Ils plaident d’abord pour un étalement des épreuves sur deux ans : acquisition des connaissances générales en première (par exemple les langues), capacités de réflexion, d’argumentation et travail personnel en terminale (dissertations et philosophie notamment).

Il s’agit de dissocier clairement les deux missions assignées au bac (fin de scolarité secondaire et préparation à l’enseignement supérieur) et de rendre plus personnalisée l’orientation dès le début de la terminale en se fondant sur les notes obtenues en première. De façon générale, l’orientation doit devenir "une grande cause nationale".

Le rapport propose aussi de repousser la session de rattrapage de terminale de juillet à septembre, pour donner plus de temps aux élèves les plus faibles et mieux les préparer à l’université.

En revanche, les sénateurs écartent un bac en "contrôle continu". L’anonymat des copies et la correction par des enseignants extérieurs aux lycées des élèves qu’ils évaluent sont des "garanties importantes" qui font que le bac est "encore organisé selon les principes de l’équité républicaine".

Ensuite, le rapport prône de créer un tronc commun en 1ère et terminale, pour réduire la "forte hiérarchisation" actuelle des filières du bac général (L, S et ES). La scientifique est très recherchée, même par ceux qui ne feront pas sciences, alors que la littéraire est "en perdition", selon M. Legendre.

Les lycéens se différencieraient en choisissant trois options de spécialisation dans les domaines littéraire, scientifique ou économique.

Ce tronc commun pourrait aussi concerner les bacs technologique et professionnel.

Enfin les sénateurs innovent en proposant de créer une garantie de formation, "initiale ou professionnelle", pour les élèves quittant le système scolaire sans le bac ou juste après son obtention. Cette garantie serait "financée par l’Etat".

Pour les bacheliers, il s’agirait d’un crédit de trois ans d’études. Quatre ans pour les non-bacheliers, sauf les titulaires d’un BEP (2 ans).

Ces dispositifs prennent acte que le bac "est devenu dans les esprits comme dans la pratique le niveau de formation de référence" et "veulent donner l’assurance qu’une sortie d’études" avant le bac ou au niveau du bac "ne signifie pas l’abandon de toute perspective de progression ultérieure".

Le rapport a été adopté par la commission des affaires culturelles du Sénat. Seul le groupe communiste a voté contre.

Source : AFP


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