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Banlieue : Sarkozy répète ses idées force sur l’Ecole et déçoit les acteurs.

mardi 12 février 2008 par SPIEN - Matulik / Terver

Dispositifs relais, discrimination positive, prime aux plus méritants : Nicolas Sarkozy a profité de la présentation de son plan banlieue pour répéter ses idées force en matière d’éducation, suscitant la déception chez plusieurs acteurs de terrain.

"On retrouve toujours la même conception, qui nie les inégalités sociales pour se concentrer sur les individus (...), l’égalité de l’accès au droit est subordonnée au mérite des individus", a déclaré à l’AFP Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, majoritaire dans l’Education.

"La philosophie générale, ce n’est pas comment on vient en aide aux quartiers, mais comment on aide à sortir des quartiers", a renchéri Luc Berille, secrétaire général du SE-Unsa.

Dans une large partie de son discours consacrée à ses mesures éducatives, le chef de l’Etat a développé plusieurs motifs de sa lettre de mission à Xavier Darcos, ministre de l’Education.

Ainsi les internats de réussite éducative, réservés aux "enfants de milieux défavorisés qui montrent de bonnes aptitudes scolaires", la présentation de "5% des élèves" de chaque lycée en classe préparatoire ou encore la création de "30 sites d’excellence" avec "classes d’élite rassemblant les meilleurs élèves" et options chinois ou langues mortes.

Des propositions contradictoires pour Nadia Bellaoui, secrétaire nationale de la Ligue de l’Enseignement, qui fédère des milliers d’associations d’éducation populaire.

"Que doit-on retenir ? Quelle est la priorité ?", a-t-elle demandé, citant également les propos présidentiels sur l’implantation d’"établissements privés prestigieux" dans les quartiers difficiles et sur la fermeture si nécessaire des "collèges les plus dégradés" pour "casser les ghettos".

Enseignants, associations et Observatoire des zones d’éducation prioritaires (OZP) s’accordent sur la pertinence du "busing" (organisation du transport d’élèves de CM1 et CM2 des quartiers difficiles vers d’autres écoles pour favoriser la mixité scolaire) tant qu’il se limite à une expérimentation.

Ils ont en revanche fraîchement accueilli la manière dont les "écoles de la 2e chance" ont été propulsées "priorité du quinquennat".

Créées en 1997 et constituées en réseau depuis 2004 seulement, ces structures "resocialisent" des jeunes à 93% non titulaires d’un diplôme de niveau V (CAP), "en rupture avec le système depuis plus d’un an et qui nous sont confiés par les mission locale d’insertion", a expliqué à l’AFP Gregory Thiefin, un responsable administratif du réseau.

Ouvertes aux 18-25 ans, elles conçoivent avec ces jeunes un "parcours cohérent", menant à la "réintégration dans le système" ou à "un processus de formation", accompagné la plupart du temps d’une "remise à niveau" dans les savoirs fondamentaux (lecture, quatre opérations mathématiques, etc).

Le président a décidé de les "généraliser sur tout le territoire", afin qu’elles accueillent désormais "tout jeune sorti du système scolaire sans aucune qualification" âgé de plus de 16 ans, à charge pour l’Education nationale de les repérer.

"Une deuxième chance, on en prend conscience : il faut avoir réalisé les méfaits d’un échec scolaire avant de pouvoir se projeter dans une deuxième vie", a réagi Mme Bellaoui.

Une analyse que partage Gregory Thiefin mais sans s’inquiéter plus avant. "Les 16-18 ans ne sont pas notre coeur de cible, il faut expérimenter", a-t-il estimé.

Pour Luc Berille en revanche "c’est une façon de considérer qu’il n’y a rien à faire pour les établissements dans ces quartiers : +créons une 2e chance, puisque la 1e chance, on trace une croix dessus+ !". "Un palliatif", alors que le plan ne prévoit "rien pour prévenir l’échec", a ajouté M. Aschieri.

Source : vousnousils.fr


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