SPIEN

Eric Maurin : les politiques de démocratisation de l’Ecole ont "payé".

lundi 29 octobre 2007 par SPIEN - Matulik / Terver

L’économiste Eric Maurin, invité de l’université d’automne du SNUipp, premier syndicat du primaire, à La Londe-Les-Maures (Var), estime dans un entretien avec l’AFP que les politiques de démocratisation de l’Education menées dans les pays occidentaux ont élevé le niveau de formation des élèves, qui ont mieux réussi professionnellement.

Q : Quel bilan tirez-vous des politiques de démocratisation de l’Education ?

R : "A partir des années 1950, ont été mises en oeuvre - en Scandinavie, au Royaume-Uni, en France - des politiques de mise en place de collège unique, consistant à abandonner la sélection précoce à 10-11 ans (avant, 20% allaient vers des collèges d’enseignement général, les autres dans des filières plus courtes et très professionnalisantes).

Le diagnostic est sans appel : les générations qui ont bénéficié de ces réformes ont un niveau moyen de formation plus élevé et réussissent mieux que les personnes sélectionnées très tôt à l’entrée du collège".

Q : Vous citez le cas de la France ...

R : "En France, le dernier grand moment de démocratisation scolaire s’est produit dans les années 1980, avec beaucoup de moyens supplémentaires donnés à l’Ecole (créations d’IUT, nouveaux bacs, STS, nouvelles filières dans les universités, achèvement de la mise en place du collège unique).

Il y a aujourd’hui beaucoup de scepticisme autour des efforts engagés, comme si ces politiques avaient raté leurs objectifs, ou étaient incohérentes avec le marché de l’emploi.

Je constate pour ma part que l’effort réalisé à cette époque a +payé+ : le niveau de formation des personnes au moment de chercher un emploi a bondi. Et la détérioration, en cours à ce moment là, de la situation des jeunes à l’entrée du marché du travail, s’est arrêtée.

Lorsque dans les années 1990, on a arrêté de miser sur l’Ecole, le niveau de formation des jeunes à l’entrée du marché du travail a cessé d’augmenter et la qualité de leur insertion professionnelle de s’améliorer".

Q : Vous plaidez donc pour la poursuite de ces politiques de démocratisation ?

R : Oui. Ce dont on s’aperçoit, en France et dans d’autres pays, c’est qu’au fur et à mesure que les diplômés se substituent aux non-diplômés dans la population, le statut des plus qualifiés -la protection de leur emploi-, leur carrière, leur salaire, s’accroissent par rapport à ceux des autres.

C’est le signe clair que le processus de renouvellement des entreprises et des emplois se fait en faveur des personnes les mieux formées.

Il y a aussi une amélioration du lien social. Des études aux Etats-Unis ont montré que dans les états où des lois avaient reculé l’âge minimum de fin d’études par exemple, non seulement leur niveau de formation avait augmenté, mais le taux d’incarcération de la population et de criminalité de la population avait baissé.

Source : AFP


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