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Fillon installe lundi la commission sur le métier enseignant promise par Sarkozy.

lundi 24 septembre 2007 par SPIEN - Matulik / Terver

Le Premier ministre François Fillon installe lundi la "commission sur l’évolution du métier d’enseignant", promesse de campagne du président Nicolas Sarkozy, deux jours avant la présentation du projet de budget 2008 qui fâche les syndicats avec ses 11.200 suppressions de postes.

Composé de 12 membres, dont l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, cette commission de "personnalités indépendantes et reconnues pour leur contribution au débat public ou leur expertise dans le champ éducatif", selon le ministère de l’Education, sera présidée par Marcel Pochard, ancien directeur de la Fonction publique.

Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy avait souhaité une réflexion sur le métier des enseignants, qui, "pas assez payés, pas assez récompensés", souffrent, selon lui, d’un "malaise formidable".

La commission doit présenter ses suggestions d’ici à la fin de l’année et c’est au printemps que le gouvernement élaborera ses propositions. Elles seront ensuite soumises aux syndicats, pour une application à la rentrée 2008.

Partant du principe que "le métier continue d’être régi selon des principes et des règles d’autrefois" - certains décrets datent de 1950 - les travaux de la commission, explique le ministère, s’articuleront autour de quatre thèmes : missions, carrières, salaires et reconnaissance du métier.

"Au départ, on nous avait parlé de tables rondes mais on est passé à quelque chose de très classique : une commission de personnalités qui auditionnent et font un rapport", commente Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’Education.

"Visiblement, les organisations syndicales ne seront pas associées étroitement", regrette Luc Berille, secrétaire général du SE-Unsa. "Je présume que la commission procèdera à des auditions, mais on est en attente de connaître sa lettre de mission", explique-t-il à l’AFP.

Les responsables syndicaux sont d’autant plus critiques que, hasard du calendrier ou symbole politique, le projet de loi de finances 2008 est présenté mercredi et ampute de 11.200 postes les collèges et lycées à la rentrée 2008, une "saignée" selon eux.

Et ceci, alors que le président de la République insiste sur le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite pendant son quinquennat, se prononçant pour des enseignants "moins nombreux", mais "mieux payés" dans sa lettre aux éducateurs rendue publique le 4 septembre.

"Il faudra bien mettre quelque chose, il y a un moment où il faudra des crédits", affirme le ministre de l’Education Xavier Darcos dans le Monde samedi.

Mais pour M. Berille, "ça sent très fort le +travailler plus pour gagner plus+". Et si les réformes ne passent que par un élargissement du volant d’heures supplémentaires, "la discussion tournera très vite court", prévient-il.

M. Aschieri craint "une redéfinition du métier qui ne soit pas dictée par le souci d’améliorer les conditions d’exercice et d’enseignement, mais par le souci d’économiser des postes".

Sans "mettre en doute a priori" la "volonté de revalorisation du métier" affichée par le gouvernement, il estime que l’idée de supprimer des postes pour augmenter les salaires est "un jeu de dupes" car "un enseignant gagne en moyenne (à niveau d’études et d’expérience égal, ndlr) 65% du salaire d’un cadre dans le privé".

Source : AFP et vousnousils.fr


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