SPIEN

La France a élevé son niveau d’éducation mais peine à insérer les jeunes peu qualifiés.

mercredi 19 septembre 2007 par SPIEN - Matulik / Terver

La France a élevé depuis vingt ans son niveau d’éducation, comblant ainsi son retard par rapport à d’autres pays de l’OCDE, mais elle peine encore aujourd’hui plus qu’eux à insérer les jeunes les moins qualifiés, selon le rapport annuel de l’organisation rendu public mardi.

"En France, dans les années 1970, 60% de la population atteignait" un niveau d’études secondaires équivalant au baccalauréat, CAP ou BEP. "Vingt ans après, environ 80% de la population a atteint ce niveau", a expliqué mardi Eric Charbonnier, lors de la présentation à la presse du rapport annuel de l’OCDE "Regards sur l’Education".

De même, il y a 30 ans, 30% d’une classe d’âge avait un diplôme de l’enseignement supérieur. Ce chiffre est aujourd’hui de 40%, selon l’OCDE, plaçant ainsi la France au 9e rang parmi les pays membres de l’organisation, contre le 18e rang auparavant.

"La France a rattrapé le retard qu’elle pouvait avoir dans le passé", se félicite le rapport.

Pour autant, la France est le deuxième pays, après la Slovaquie, à rencontrer des difficultés pour insérer les jeunes qui n’ont pas de diplôme du secondaire.

Ainsi "le taux de chômage des jeunes de 20 à 24 ans est de 22% pour les jeunes qui n’ont pas atteint ce minimum alors qu’il est de 9% chez ceux qui sont titulaires d’un bac, d’un CAP ou BEP", selon M. Charbonnier.

Et ces difficultés se poursuivent au-delà de 24 ans, puisque chez les 25-29 ans sans diplôme du secondaire, le taux de chômage est de 20,2% en France, contre 13,5% dans l’OCDE.

Les responsables de l’organisation ont demandé que "tout (soit) entrepris pour augmenter le nombre de diplômés en France". Ils préconisent notamment que le "taux de survie", c’est à dire le taux de réussite des bacheliers ayant entamé des études supérieures, qui est de 80% dans l’hexagone, passe à 90%.

Partant du constat que le coût moyen d’un étudiant est de 9.000 euros par an, ils estiment qu’un investissement des pouvoirs publics d’un milliard d’euros supplémentaires permettrait d’obtenir 100.000 diplômés de plus.

"Ceci pourrait avoir un effet extrêmement positif sur la croissance", selon eux.

Parmi les autres traits marquants du rapport, figure un reproche devenu traditionnel de l’OCDE à la France : ses élèves passent plus de temps en cours que la moyenne des autres pays. Entre 7 et 14 ans, un enfant reçoit en cumulé 7.700 heures d’instruction, soit 100 heures de plus par an que la moyenne des pays de l’OCDE. En Finlande, un élève reçoit chaque année 250 heures de moins qu’en France.

La France se caractérise par ailleurs par des dépenses d’éducation publiques et privées représentant 6,1% du PIB, soit dans la moyenne des pays de l’OCDE (6,2%).

Les immigrants, dans ce pays, ont moins de chances de réussite par rapport à la moyenne de l’OCDE, même si les chiffres montrent "une progression significative de la performance des élèves de 15 ans issus de la seconde génération" de l’immigration "par rapport à ceux de la première génération".

A noter encore que "la France demeure un pays d’accueil attractif avec une proportion de 9% des effectifs mondiaux d’étudiants étrangers scolarisés dans l’enseignement supérieur", selon le rapport, qui ajoute que "beaucoup viennent suivre des programmes de recherche de haut niveau".

Enfin, l’OCDE constate que "les élèves français de 15 ans sont parmi les plus anxieux" face aux mathématiques.

Source : www.vousnousils.fr


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