SPIEN

Rédaction à des collégiens sur le suicide : l’enseignant "suspendu à titre conservatoire".

mardi 11 décembre 2012 par SPIEN - Matulik / Terver

L’enseignant qui avait pro­posé un sujet de rédac­tion à des élèves de 3e d’un col­lège de Montmoreau-Saint-Cybard (Charente), les invi­tant à se mettre dans la peau d’un ado­les­cent sui­ci­daire, a été "sus­pendu à titre conser­va­toire", a-t-on appris lundi auprès du rectorat.

Il a été "sus­pendu à titre conser­va­toire, le temps que l’enquête admi­nis­tra­tive soit dili­gen­tée", selon la même source. Cet ensei­gnant de lettres, âgé d’une tren­taine d’années, devait être entendu lundi après-midi par le direc­teur aca­dé­mique, à Angoulême, saisi par des parents d’élèves sur­pris par l’initiative du pro­fes­seur qui avait pro­posé le sujet le 22 octobre.

Les élèves de classes de 3e du col­lège Antoine-Delafont se seraient vu pro­po­ser le sujet sui­vant, rap­porté lundi par La Charente Libre : "Vous venez d’avoir 18 ans. Vous avez décidé d’en finir avec la vie. Votre déci­sion semble irré­vo­cable. Vous déci­dez dans un der­nier élan de livrer les rai­sons de votre geste. En dres­sant votre auto­por­trait, vous décri­vez tout le dégoût que vous avez de vous-même. Votre texte retra­cera quelques événe­ments de votre vie à l’origine de ce sentiment."

"Nous sommes révol­tés que l’on puisse pro­po­ser ce genre de sujet à des enfants qui ont entre 13 et 14 ans", écrivent des parents dans un cour­rier adressé à l’établissement, ainsi qu’à l’inspection d’académie, et cité par le quo­ti­dien charentais.

"De par notre éduca­tion, nous n’avons pas l’habitude de remettre en ques­tion ce qui se passe à l’école, mais il y a des limites (...) Quel va être le pro­chain sujet ? +Que ressentez-vous lorsque vous vous piquez ?+ On aime­rait com­prendre", écrivent ces parents d’élèves.

L’enseignant devait être entendu afin qu’il explique son "inten­tion péda­go­gique ou éduca­tive der­rière la façon de poser la ques­tion", avait indi­qué à l’AFP Jean-Marie Renault, direc­teur aca­dé­mique de la Charente, saisi "il y a 48 heures" de ce cour­rier "ano­nyme". En fonc­tion de ses expli­ca­tions, "nous ver­rons s’il y a matière à don­ner une suite dis­ci­pli­naire ou pas".

Dans l’hypothèse où le sujet a été posé dans les termes rap­por­tés par les parents, "on ne peut qu’être très sur­pris, le mot est faible, par la façon dont la ques­tion (du sui­cide) est posée", avait ajouté M. Renault.

Un syn­di­ca­liste assis­tant l’enseignant, Alain Héraud, secré­taire dépar­te­men­tal du Snes-FSU en Charente, a assuré à une cor­res­pon­dante de l’AFP qu’"il y a un déca­lage entre l’interprétation faite par quelques parents" et la réalité.

"Le sujet était un auto­por­trait fic­tif", a-t-il ajouté. "Quand les élèves ont demandé des pré­ci­sions, le pro­fes­seur les a effec­ti­ve­ment aiguillés sur le fait de s’imaginer en fin de vie, pour mieux se décrire dans leur auto­por­trait", a-t-il précisé.

"A aucun moment il n’a été ques­tion de sui­cide..." a-t-il encore assuré en affir­mant que l’énoncé paru dans la presse locale ne cor­res­pon­dait pas à la réalité.

Source : AFP


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