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Un jeune sur deux au chômage lors des trois premières années de vie active.

vendredi 27 avril 2012 par SPIEN - Matulik / Terver

Un jeune sur deux (52%) a été au moins une fois au chô­mage au cours de ses trois pre­mières années de vie active et un tiers l’a été six mois ou plus, selon une enquête du Centre d’étude et de recherche sur les qua­li­fi­ca­tions (Cereq) publiée cette semaine.

Pour cette enquête "Génération" tri­sa­nuelle, le Cereq a inter­rogé au prin­temps 2010 un échan­tillon repré­sen­ta­tif de 25.000 jeunes sor­tis du sys­tème éduca­tif en 2007. Après de pre­miers résul­tats divul­gués en 2011, il appro­fon­dit une série de thématiques.

Parmi les 739.000 jeunes sor­tis de for­ma­tion ini­tiale en 2007, une majo­rité (62%) a com­mencé sa vie active par une période de chômage.

Au bout de trois ans, la tra­jec­toire domi­nante parmi huit "tra­jec­toires types" iden­ti­fiées est celle d’un accès rapide et durable à l’emploi (58%). Au bout de six mois, 80% des jeunes ont au moins une fois décro­ché un emploi (même très temporaire).

L’analyse des tra­jec­toires montre cepen­dant que 12% ont connu un accès "dif­féré", 10% sont en "décro­chage" et 9% connaissent un chô­mage per­sis­tant ou récur­rent. Ainsi, parmi ceux ayant connu un chô­mage pré­coce, 20% n’ont jamais réussi à décro­cher un poste dans les trois ans.

La durée de l’épisode de chô­mage dépend du niveau de diplôme : pour 56% des non-diplômés (18% de la géné­ra­tion) elle a été de plus d’un an, pour 27% des diplô­més du secon­daire et 9% des diplô­més du supé­rieur (42% de l’échantillon).

Les non-diplômés ont de plus de plus de mal à trou­ver une place sur le mar­ché du tra­vail. Quand 72% des jeunes en géné­ral tra­vaillent au bout de trois ans, ils ne sont que 48% en emploi en 2010 contre 59% en 2001 et leur taux de chô­mage atteint 41% (30% en 2001).

"L’emploi pré­caire est devenu la norme pour les pre­miers emplois occu­pés", sou­ligne égale­ment le Cereq, avec 31% des pre­mières embauches réa­li­sées sur des emplois à durée indéterminée.

Même pour les diplô­més du supé­rieur, le CDI n’est plus garanti. Seuls les sor­tants d’écoles d’ingénieurs res­tent très majo­ri­tai­re­ment (75%) recru­tés d’emblée en CDI. La pro­por­tion tombe à 52% pour les écoles de commerce.

L’emploi pré­caire per­dure pour un nombre signi­fi­ca­tif de jeunes. Au bout de trois ans, un tiers sont inté­ri­maires, vaca­taires, en contrat aidé ou en CDD. Et la pro­por­tion employée à temps par­tiel ne baisse pas (18%).

Cette enquête, qui per­met d’évaluer l’impact de la crise de 2008 sur l’emploi des jeunes, met aussi en évidence "des phé­no­mènes struc­tu­rels", comme le fait qu’une majo­rité de jeunes se sta­bi­lise dans un emploi qui ne cor­res­pond pas à sa formation.

De fait, "cher­cher à ajus­ter de plus en plus pré­ci­sé­ment les conte­nus des for­ma­tions à leurs débou­chés sup­po­sés est en par­tie vain", estime le Cereq.

Elle montre aussi que la pré­ca­rité des pre­miers emplois "agit comme un frein à l’autonomie rési­den­tielle" : trois ans après, 55% des jeunes hommes et 36% des jeunes femmes habitent tou­jours chez leurs parents.

Depuis 1992, ce centre d’études, qui dépend des minis­tères de l’Emploi et de l’Education, réa­lise tous les trois ans ce type d’enquête, en inter­ro­geant une même tranche d’âge après trois, cinq, sept, puis dix ans de vie active.

Source : AFP


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