SPIEN

Alternance en dernière année de bac pro : un accueil mitigé

samedi 17 mars 2012 par SPIEN - Matulik / Terver

Nicolas Sarkozy souhaite systématiser l’alternance en dernière année de bac pro et de CAP afin de favoriser l’insertion professionnelle des élèves. Les syndicats de l’éducation et les entreprises s’interrogent sur les effets et la faisabilité d’un telle mesure.

Le 22 février, pour la quatrième fois depuis l’automne, le chef de l’Etat a proposé de rendre « obligatoire » l’alternance en dernière année de bac professionnel et de CAP. La mesure concernerait chaque année 250 000 élèves (180 000 en bac professionnel et 70 000 en CAP). L’objectif est de lutter contre le chômage des jeunes, qui touche, selon les derniers chiffres de l’Insee, 21,6% des 15-24 ans. Mais une telle proposition laisse le monde éducatif et celui des entreprises dubitatifs.

  • Effet d’annonce ? Les jeunes préparant un bac professionnel ont à l’heure actuelle vingt-deux semaines de stage en entreprise (sur trois ans), et ceux qui préparent un CAP, entre dix et quinze semaines. « La logique est politique : il s’agit pour le candidat UMP à la présidentielle de montrer qu’il s’empare du thème crucial qu’est le chômage des jeunes ». Et pourquoi parler d’apprentissage ? Parce que, selon Vincent Troger, maître de conférences à l’IUFM de Nantes, « c’est une façon de répondre aux attentes d’une partie des jeunes et des familles, séduits par l’apprentissage ».
  • « Illusoire » ? Placer d’un coup 250 000 jeunes en entreprise est illusoire pour beaucoup d’observateurs. « La grande leçon des quinze dernières années, c’est que l’on n’oblige pas les entreprises à prendre des apprentis quand elles n’en ont pas intérêt », explique Jean-Jacques Arrighi, chargé d’études au Céreq. Les employeurs qui recrutent des apprentis du secondaire sont surtout des très petites entreprises (TPE), de moins de dix salariés, dans la coiffure, le bâtiment, la restauration ou encore la mécanique automobile... « Les grandes entreprises sont moins demandeuses », observe M. Troger. C’est pourquoi « il faut être souple », explique-t-on dans l’entourage de Nicolas Sarkozy. « L’idée est de faire progresser toutes les formes d’alternance au lycée professionnel : les stages, l’apprentissage et les contrats de professionnalisation. »
  • Une meilleure insertion ? Les résultats de l’enquête 2010 du Céreq ont montré que trois ans après leur sortie de formation, les apprentis du secondaire ont un taux de 10 points supérieur à ceux ayant suivi une formation par voie scolaire. Pour autant, « l’effet du diplôme reste plus fort que celui de l’apprentissage, souligne M. Arrighi. Il vaut mieux un bac+2 en filière classique qu’un bac pro par apprentissage ».
  • Quel financement ? Réunis en intersyndicale, les syndicats de l’enseignement professionnel dénoncent « la casse de la formation sous statut scolaire ». « La réforme du bac professionnel a diminué de quatre à trois ans la durée de la formation. Là, on passerait à deux ans, ce qui permettrait de supprimer encore quelques milliers de postes ». Les conseillers du chef de l’Etat envisagent une réforme « à peu près à moyen constant », en « optimisant » les mécanismes incitatifs et en redéployant une partie des moyens des lycées professionnels aux nouveaux dispositifs.

Source des informations : la lettre de l’éducation.

les économies en postes serviront à subventionner les entreprises pour les inciter à prendre des apprentis efficace ?


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 163433

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actualités /Agenda   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.10 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 67