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Les enseignants pourraient être évalués par les chefs d’établissement.

lundi 21 novembre 2011 par SPIEN - Matulik / Terver

Deux projets de textes prévoient d’instaurer, dès la rentrée 2012, un entretien professionnel, mené tous les trois ans par le chef d’établissement, qui déterminera l’avancement d’échelon des enseignants. Les syndicats y sont opposés.

Les chefs d’établissement pourraient évaluer les enseignants. Deux projets de textes, très aboutis, révélés par le Café pédagogique le 15 novembre, prévoient la mise en place d’un entretien professionnel mené par le chef d’établissement, qui déterminera l’augmentation de salaire du professeur. « Voilà deux ans qu’on y travaille, dans le cadre du pacte de carrière », avait confié, en septembre, Josette Théophile, la directrice générale des ressources humaines du ministère de l’éducation nationale. La double notation des enseignants -la note administrative (sur 40), attribuée par le chef d’établissement, et la note pédagogique (sur 60), donnée par l’inspecteur pédagogique régional (IPR)- pourrait disparaître. Ce système est « obsolète et injuste, car il ne repose que sur une inspection qui a lieu à intervalles très irréguliers - trois ans, parfois huit ans », soutient Marcel Pochard, conseiller d’Etat qui avait présidé, en 2008, la commission sur l’évolution du métier d’enseignant. Dans le nouveau système, il est prévu que le chef d’établissement mène, tous les trois ans, un « entretien professionnel » pour chacun des enseignants, indique un projet d’arrêté. Lors de cette rencontre, il évaluera la capacité à faire progresser chaque élève, les « compétences dans sa discipline », la « pratique professionnelle dans l’action collective de l’établissement » et la « qualité du cadre de travail ».

Parallèlement, l’enseignant mènera une « autoévaluation » dont les résultats seront validés par l’IPR. A terme, ce dernier disparaîtra, rapporte un haut responsable. Le chef d’établissement établira ensuite un « compte rendu » préconisant quelle augmentation de salaire accorder à l’enseignant. Un projet de décret modifie la grille d’avancement. Les rythmes existants (grand choix, choix, ancienneté) sont remplacés par un « rythme unique ». Le chef d’établissement peut préconiser l’attribution de « réductions d’ancienneté » permettant un avancement accéléré, dans la limite de quotas nationaux. Pour le sociologue Luc Rouban, il s’agit d’« introduire des logiques managériales du privé dans l’administration.Une tendance qui n’est pas nouvelle ». La réforme de « l’appréciation de la valeur professionnelle » des fonctionnaires, qui entrera en vigueur en janvier 2012, va dans ce sens. Sauf que, « jusqu’à présent, on avait écarté les enseignants de cette évolution, car on considérait que c’était un métier particulier », relève le chercheur.

Source : la lettre de l’éducation.


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