SPIEN

Les personnels de direction seront rémunérés au mérite.

lundi 14 mars 2011 par SPIEN - Matulik / Terver

Le ministère de l’éducation et les chefs d’établissement ont trouvé un accord sur la mise en place d’une prime de fonctions et de résultats. Reste à discuter des critères d’évaluation.

Après de longs mois de négociations, les syndicats des personnels de direction se sont mis d’accord avec le ministère de l’éducation nationale sur le principe d’un nouveau régime indemnitaire. Au terme des accords passer par leurs syndicats, les proviseurs et leur adjoints se verront accorder, à compter de septembre 2011, une prime pouvant aller jusqu’à 6000 euros tous les trois ans (lors de l’entretien professionnel) et ce, a précisé le ministre Luc Chatel, le 25 janvier, en fonction de leurs « performances ». Ce sont les recteurs qui en jugeront, sur la base de la lettre de mission des chefs d’établissement. C’est là que le bât blesse. Luc Chatel a donné des exemples de critères : « projet pédagogique », « résultats scolaires » ou « capacités d’intégrer des élèves en grande difficulté ». Les syndicats contestent ces critères et veulent s’en tenir à la lettre de mission. Après les recteurs, pour lesquels une « idemnité de responsabilité » a été créée en novembre 2010, les 13 000 personnels passent donc sous le régime de la « prime de fonctions et de résultats » (PFR), qui doit à terme, concerner tous les cadres de la fonction publique. Si la partie « R » se traduit par la prime au mérite, la partie « F » fusionne les indemnités dont bénéficiaient les personnels de direction jusqu’à présent. Philippe Vincent, secrétaire nationale du SNPDEN estime que cela correspondra à une prime « moyenne de 2000 euros » soit « une amélioration de la partie indemnitaire de notre rémunération de 10% à 20% ».

La rémunération au mérite, très prisée du président de la République, correspond à « un système éducatif moderne qui se fixe des onjectifs et cherche à améliorer ses performances », a expliqué M. Chatel pour justifier sa mise en place, « comme cela existe dans l’immense majorité des entreprises de notre pays ». Cette tendance n’est cependant pas sans risque, prévient Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS, qui travaille à Sciences Pro Paris. « L’individualisation et la privatisation de la fonction publique » posent un « problème de mise en œuvre », celui de « la nature et la transparence des critères d’évaluation ». Autre danger : « la transformation de la qualité de service en critères quantitatifs ». Cette dérive peut entraîner « des pratiques professionnelles artificielles » comme cela a été dénoncé dans la police ces derniers mois. Bref, dit-il, « cela peut devenir purement formel, comme cela s’est passé aux Etats Unis dans les années 1970. Une illusion managériale ».

Nous considérons que cette prime sera « fondée sur le zèle et la détermination à mettre en œuvre des réformes largement contestées par les usagers » et compliquera les relations entre chefs d’établissement et enseignants.

Source des informations : la lettre de l’éducation.


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